VoyaGe CuRe-yeuX

Voyager : une curieuse idée ? Non, une curiosité !

Suivez nos pas sages à travers ces lignes...

Qui qu'on est ?

NoM : Camille et Julien
PayS : France

Nous remercions vivement:
Elo et Mokë (GMCrew) pour votre illustration,
Alex (www.alex-athome.net) pour ta place sur la toile,
Camille (www.yagraph.org) pour ton aide technique.
Où qu'on va ?

Voici une carte de notre itinéraire prévisionnel:



Un matin...

- Hé Ju, réveilles-toi. C'est enfin l'heure du départ.
- Hmmm... Tu m'fais l'coup tous les matins, Cam !
- Oui, mais là, c'est la bonne ! Allez, on a dit au revoir à la famille, aux copains, on a casé les meubles et la bagnole, reste plus que le sac. t'en es où ?
- Ben je crois que c'est bon: j'ai réparti la tente, on a lavé nos 3 slips, on a les maillots de bain, les gants et les bonnets. Par contre, je retrouve pas mon passeport...
- Ah non, Julien ! Tu vas pas commencer ?!
- Bon ok, c'était du mauvais humour... Et les visas ? t'as regardé la boîte aux lettres ?
- Non, on le f'ra en partant, on passe devant. Et toi, t'es sûr de vouloir prendre ta gratte ? Je te préviens, je ne te la porte pas !
- Roh, c'est pas si encombrant... Regarde, j'ai même une petite place pour les chaussons de grimpe !
Allez monte, on prend la route !
vendredi 14 août 2009
KiRGHiZ' TaNT aTTeNDu, Te VoiLa...
Avis aux lecteurs
Qu'on se le dise, la vie est belle et le moral est bon. Nous accusons la bonne fatigue de 3 semaines de baroude intensif, loin de la modernite.
Alors si vous avez du temps devant vous, en voici le recit...

OUZBEKIE, C'EST FINIE...
Pour quitter Samarqand, on choisit la voie directe : celle du train qui trace une ligne droite jusqu'a Andijan, a l'est du pays. Avant d'acheter nos billets, nous nous informons sur les visas car le train traverse une partie du Tadjikistan. D'apres les 5 personnes que nous avons interrogees, nul besoin d'un visa tadjik ni d'un visa double entree ouzbek. Alors, on y va! On redemande confirmation avant de monter dans le train. Personne ne semble reellement au courant. Meme les controleurs n'examinent notre cas qu'apres le depart du train, pour qu'en cas de pepin, on puisse en descendre!
Toutefois, le voyage s'annonce bien. On sympatise avec nos voisins, les-dits controleurs nous offrent le the, chacun partage son repas avec les autres... Puis on s'allonge sur nos couchettes.
A 1h30, on nous secoue, c'est la frontiere "vach passport". Moment fatidique, on essaye de negocier avec l'uniforme, mais rien a faire. Les gentils controleurs sont bien embetes et on nous met a la porte. On a ete bien naif de penser pouvoir passer les frontieres aussi simplement, en dormant dans un train. Pour le coup, nous passons une 2eme nuit dehors, au milieu de nulle part - Ah bon? On ne vous a pas raconte la 1ere? - et au petit matin, on entame une serie de transport afin de rejoindre la route classique a Tashkent, puis atteindre la frontiere kirghize vers Osh, que nous passons dans une ambiance de franche camaraderie avec le douanier. Nous etions prepares a avoir des problemes avec les autorites ouzbekes, mais le mot "touristes" ne nous a valu que des sourires.
Bilan du trajet, nous n'aurons pas perdu de temps car nous arrivons 1h apres le train, mais ca nous aura coute double tarif. En revanche, nous avons gagne 6 heures de decouverte de la musique traditionnelle ouzbecke. Attention, ca s'ecoute fort!!!
http://www.littlecountry.net/kametju/blog/kaktibiazavout.mp3
Ceci est un apercu de ce que l'on entend partout!

L'HOSPITALITE KIRGHIZE

Et une tourista en guise de bienvenue!
Decloues du lit et de la cuvette, on rejoint Arslanbob, village au nord ouest de Jalal-Abad. Notre idee est de partir seuls, a cheval ou avec une mule pour nous soulager les epaules. Nous n'avons pas de carte et trop peu de connaissance sur les chevaux, dont le prix est eleve. Nous faisons donc appel au KCBTA - Kirghizstan Community Based Tourism Association - agence touristique nationale equitable qui a des antennes locales a travers le pays. Nous voulons rallier Kazarman, au nord est de Jalal-Abad , ce qui devrait nous prendre 10 jours : 5 jours de trek classique jusqu'aux lacs Kara suu, et 5 jours de sentiers touristiquement jamais pratiques. C'est ca qui nous plait! Ainsi, le 30 juillet, Camille endosse le role de la jeune pouliche fringuante et moi celui du mulet entete. Nous sommes tres bien guides par Fazliddin, dit Faezou, qui nous menera sans carte a travers les jailoo -alpages- a la decouverte de la vie des bergers kirghizes.

1er jour : cuisine au feu de bois dans un decor montagnard magnifique : le ton est donne!



2eme jour : a peine une courbature a l'oreille droite... On longe une route plutot moche sur une vingtaine de km.

Ca circule !

1ere pluie, le sac est lourd mais le reconfort nous attend a l arrivee...

Une grande rasade de yaourt frais...


...et un bel endroit pour camper.

3eme jour : 1000 m. de montee pour passer le col de Childratma a 3400 m. et 1200 m. de descente. C'est raide, long et ca fait mal! On campe a l'endroit ou le sac nous couche.


Frais et dispos au col.


4eme jour : decouverte de l'hospitalite kirghize et apprentissage de la transformation du lait, avec degustation a l'appui.

30 minutes de chouette echange.

Plus loin, nous acceptons avec plaisir et soulagement l'invitation de Diadia Youra a manger des truites fraiches et a planter la tente a cote de la sienne.

Diadia Youra pecheur

Diadia Youra apiculteur

En ecoutant parler Diadia Youra, devinez combien de dents il a...

http://www.littlecountry.net/kametju/blog/diadiayoura.mp3

5eme jour : cette etape marque le debut de l'itineraire "here, little problem" ou Faezou demande la route aux bergers car il ne la connait pas. Nous longeons les lacs de Kara Suu -l'eau noire- et goutons au Kymis, la boisson nationale faite de lait de jument avec un jour de fermentation. Soit disant, ca fait tourner la tete!

Kara Suu, "big lake"...

...et "small lake"

La journee se termine par une belle soiree d'echange musical au coin du feu.


Au centre, Mataka, homme respecte du jailoo...

http://www.littlecountry.net/kametju/blog/duokirghiz.mp3

6eme jour : journee de traversee de riviere a cheval.

...et homme serviable...
On y met meme les 2 pieds dedans apres le gros orage de grele.

...grace a qui on rencontre cette famille accueillante

S'en suit un paysage haut en couleur...

...et un grand moment de scoutisme.

7eme jour : pause reconfortante et chaleureuse dans la tente de Sharafiddin autour d'un bon plat de pates au mouton, bien chaud. J'y apprends le noeud pour entraver les chevaux.


Il nous reste 5 heures interminables pour rejoindre la "big river" ou nous campons.

8eme jour : c'est la fin, dernieres 2 heures de marche jusqu'a la "big road" ou l'on quitte Faezou. Il part a droite, et nous a gauche. Il a ete attentionne, genereux, curieux de nos differences culturelles, traducteur a son niveau, a l'initiative d'echanges avec les gens que l'on a croises. On a bien marche et ca a ete une bonne epreuve physique pour nous, mais on a passe de supers moments humains dans un superbe cadre.



PRIVITIE ! ou Vous reprendrez bien un peu de mouton...

Un peu plus loin, Nurbeck nous prend en stop et nous emmene Kazarman. La route n'est pas goudronnee et dans le bruit de voiture et de pierre, il y en a un suspect... Un truc dans le coffre qui tape... et qui bele ! C'est un mouton !!!
Lorsqu'on lui demande s'il connait une bonne adresse pour dormir, il nous emmene chez lui.

Notre chambre pour la nuit.

On est accueilli comme des princes avec the, confiture, etc... " Privitie" -Je vous en prie, servez-vous -
Puis, au vu de notre crasse incrustee, ils nous reservent 1h de bain kirghize: c'est un sauna. On y transpire a grosse goutte, mais sans bouger le moindre orteil pour une fois ! On en ressort detendu, fin pret pour la surprise qui nous attend chez notre hote. Aujourd'hui, ils tuent le-dit mouton ! Nous sincerement touches et tres curieux bien qu'un peu anxieux!
Le mouton a droit a une petite priere et bien qu'il est les 4 pattes attachees, ne se doutant de rien, sa derniere pensee est pour la belle touffe d'herbe qu'il croque goulument avant de se faire saigner.

On vous epargne le couteau et le sang !

Au Kirghizstan, il y a un dicton: Dans le mouton, tout est bon !
On decouvre avec interet tout le processus et on y participe activement:

vidage,

nettoyage des intestins que l'on tresse,

remplissage des poumons avec 9 litres de lait,

grillage de la tete et des pattes.

Mais le plus dur, ce sera de faire honneur a la table. Gunara, la femme de Nurbeck, prepare un plat avec le foie, que l'on mange le soir - Privitie !- pendant qu'une partie de la bete cuit dans la marmite dehors. Nous les remercions avec un peu de guitare et clarinette et la cuisson se termine. Ce que nous craignons arrive, ils remettent la table et Privitie !
La traditsia veut que l'on mange un morceau de ce qu'on vous offre, c'est Faizou qui l'a dit. Mais la capacite d'un estomac francais est incomparable a celle d'un estomac kirghize entraine lorsqu'il s'agit de mouton ! On se croirait dans la grande bouffe de Marco Ferreri ! On est 8, ils mangent avec les doigts qu'ils lechent bruyamment, c'est la fete au mouton et il faut faire honneur -Privitie- ! On se couche pret a exploser en se disant que la nuit sera beeeeeeeeeelle !
Le lendemain, alors que l'on prend conge de la famille, il faut boire un dernier the et -Privitie- vous reprendrez bien un peu de mouton !


LE MOUTON ET L'ABEILLE
conte par Faizou pour les soixantuitards et les neo-hippies.

Dans les verts jailoo kirghizes, le mouton mene une vie paisible faite de machonnages gourmands, de siestes crapuleuses, de jeux innocents et de nuits confortables. Ainsi se deroule l'ete en vagabondage a la recherche d'une herbe toujours plus appetissante. Le mouton naif, tel l'abeille qui butine, collecte du pollen dans son manteau de laine et le redepose un peu plus loin, perpetuant ainsi les cycles de vie de la flore, magie de la nature!
Mais, sous ses airs soupe au lait, l'animal cache bien son jeu. En fait, ce narcotrafiquant international participe a la proliferation d'une plante particuliere.
Attention, tous a vos buzzers!
Ma tige peut atteindre plus de 2.5m ; a partir d'un certain age, on peut distinguer mon sexe ; le long de ma tige et de mes branches, mes fleurs se massent en paquets compacts appeles "tete" ; mes feuilles elegantes sont composees de doigts aux bords denteles ; on peut me consommer en general illegalement en tisane, en cuisine ou en cigarette.
Je suis, je suis, je suis...



Dans certaines vallees, a l'ecosysteme proche de celui des placards de certains occidentaux, il en pousse a l'etat sauvage et en grande quantite.



TREK A CHEVAL


Nous ne pouvions pas passer au kirghiz sans faire de cheval.



C'est au lac Song kol que nous avons chevaucher nos montures. Impossible par contre de partir seuls en louant les chevaux, il nous a fallu prendre un guide et ce que l'on craignait est arrive... Nous avons fait du promene-touristes avec un jeune guide keke dont le role etait de nous conduire, point. Le choc apres notre rando avec Faizou ! Quelle deception !

Nous sommes ainsi partis de Kyrtka, au sud du lac, pour rejoindre en 4 jours Kizart au Nord en contournant la rive est. Nous evoluons sur un plateau a 3000m d'altitude, encercle de montagnes. La meteo est capricieuse, mais nous offre des ciels de toute beaute.







Nous avons de nouveaux compagnons de voyage: Alice, Antoine et Julien, trois jeunes francais tres sympas, avec lesquels nous avons passe d'excellents moments. Citons aussi Lucile et Julien, couple francais rencontre au fin fond d'une yourte, qui nous ont offert ceci et encore plus:
http://www.littlecountry.net/kametju/blog/clarinette.mp3


Illich notre guide, 2 inconnus relous, Antoine, Alice, Julien et Marke


Heureusement qu'ils etaient la, sinon on aurait craque de ne pas avoir le droit de faire du trot (ce que l'on a quand meme reussi a faire, meme du galop !). On a decouvert les circuits touristiques kirghizes "rennes-en-main". Les copains ont opte pour nuitee et pension en yourte et nous pour tente et pates, la location des chevaux et du guide -grrr- ayant fait exploser le budget.

Notre tente ne se laisse pas demonter !

Notre sentiment face a cet eco-tourisme -bien concu et equitable- est que le touriste voit le mode de vie des locaux, mais qu'il y a peu d'echanges entre eux, le local restant au service du touriste.

Cela reste une bonne experience pour nous et si notre guide n'a pas voulu prendre le temps de nous expliquer comment entretenir les chevaux, c'est aupres d'une anglaise que nous avons trouve de bons conseils pour notre projet d'acheter des chevaux en Mongolie.



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Posté par Camille et Julien à 12:05   Lire les 11 commentaires